Votre immeuble comporte des logements, des commerces, des parkings ou des locaux techniques ? La gestion de ces différents espaces peut rapidement devenir complexe, surtout lorsqu’il s’agit de répartir les responsabilités et de sécuriser les droits de chaque propriétaire. La division en volumes en copropriété s’affiche alors comme une solution pratique.
• La division en volumes permet de découper un immeuble en espaces distincts, chacun appartenant à un propriétaire unique, sans quote-part dans les parties communes.
• Elle simplifie la gestion des copropriétés dites « complexes », où coexistent logements, commerces et parkings. • Chaque volume étant détenu intégralement, la répartition des charges et responsabilités est claire et sécurisée. • La division en volumes facilite les transactions, locations et investissements, en permettant de vendre ou louer chaque espace séparément. • Elle respecte un cadre légal précis, avec des servitudes, conventions et actes notariés, garantissant l’accès et la sécurité juridique de tous les copropriétaires.Qu’est-ce que la division de copropriété en volumes ?
Concrètement, la division en volumes consiste à définir juridiquement des portions d’un bâtiment selon des repères en trois dimensions. Chaque volume constitue une propriété intégrale, détenue par un propriétaire unique, sans quote-part dans des parties communes. Pour garantir la circulation, l’accès ou l’utilisation des infrastructures partagées, des servitudes sont mises en place.
Dans une copropriété, cette méthode est souvent utilisée pour organiser des espaces comme des parkings, des commerces, des locaux techniques ou des sous-sols, tout en sécurisant les droits de chaque propriétaire.
En France, seulement environ 2 % des copropriétés sont des copropriétés en volumes. Ce mécanisme reste donc rare et concerne surtout les immeubles présentant plusieurs usages distincts. (Source : Datafoncier)
Cadre légal d’une division en volumes pour les copropriétés
Selon les articles 552 et 553 du Code Civil, la division en volumes repose sur le droit de propriété, qui permet de posséder le sol, le dessus et le dessous, et d’approprier individuellement des parties d’un immeuble en trois dimensions.
Pour une copropriété, il est important de :
- vérifier la conformité avec le plan local d’urbanisme et les règles de construction ;
- rédiger des conventions précises pour organiser l’usage des passages et infrastructures partagées ;
- obtenir l’accord du syndicat des copropriétaires si la division concerne des espaces existants ou modifie la répartition initiale des lots.
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Pourquoi réaliser une division en volumes dans sa copropriété ?
Certaines situations rendent la division en volumes particulièrement adaptée aux copropriétés. Chaque cas présente des avantages concrets pour la gestion et l’organisation des espaces.
Projets mixtes
Dans les immeubles combinant logements, commerces et parkings, la division en volumes permet de séparer juridiquement chaque usage. Chaque propriétaire ou exploitant peut ainsi gérer son espace de manière autonome, sans impacter les autres volumes. Par exemple, un commerce au rez-de-chaussée peut être entièrement indépendant des appartements situés au-dessus, avec des charges et responsabilités propres, mais garantir l’accès et la sécurité grâce à des servitudes.
Rénovations ou extensions
Lorsqu’un bâtiment est réhabilité ou agrandi, certains espaces spécifiques (sous-sols, mezzanines, combles) peuvent être organisés en volumes. Ici, la division en volumes clarifie la propriété et distingue clairement les parties privatives des parties techniques. Elle facilite également la planification des travaux et l’entretien futur. Résultat : la copropriété peut éviter les conflits liés aux responsabilités de maintenance ou aux charges partagées.
Partage avec des investisseurs externes
Certains volumes peuvent être cédés ou loués à des tiers, comme des parkings, des locaux commerciaux ou des espaces de stockage, sans affecter la copropriété dans son ensemble. Chaque transaction est alors sécurisée par l’acte notarié du volume et les servitudes existantes, ce qui protège les droits de tous les copropriétaires.
Gestion d’ensembles complexes
Pour les immeubles imbriqués ou à structures verticales ou souterraines particulières, la division en volumes clarifie les droits et obligations de chaque propriétaire. Les servitudes garantissent l’accès aux parties techniques ou aux passages communs, et chaque volume est clairement identifié juridiquement.
Division en volumes vs copropriété classique : quelles différences ?
La copropriété classique et la division en volumes poursuivent un objectif similaire : permettre à plusieurs propriétaires de détenir des portions d’un même ensemble. Néanmoins, ces deux notions diffèrent sur plusieurs points essentiels.
Dans une copropriété classique, chaque lot privatif est associé à une quote-part de parties communes. La gestion se fait via un syndic, une assemblée générale et éventuellement un conseil syndical. Les charges et décisions sont réparties selon les tantièmes.
Dans une division en volumes, chaque volume est propriété intégrale de son détenteur, sans quote-part. Les interactions entre volumes (accès, appuis, canalisations) sont organisées par des servitudes et conventions. La copropriété, au sens strict, ne s’applique pas si aucune partie commune n’existe.
Comment mettre en place une division en volumes ?
La mise en œuvre pour une copropriété suit plusieurs étapes clés :
- Dans une étude de faisabilité, un géomètre-expert analyse l’immeuble pour identifier les volumes possibles et leur délimitation, en tenant compte des usages (logements, commerces, parkings, locaux techniques) et de la configuration du bâtiment. Cette analyse sert ensuite à établir l’état descriptif de division, document officiel qui décrit juridiquement chaque volume, ses limites et les servitudes associées.
- Chaque volume est représenté sur des plans précis en trois dimensions, avec des repères clairs (hauteur, profondeur, superficie), servant de référence pour la gestion et la mise en œuvre juridique.
- Les relations entre volumes (accès, passages, appuis, canalisations) sont définies dans des conventions, afin de garantir le bon fonctionnement de l’ensemble.
- Un acte notarié séparé est établi pour chacun, puis enregistré au service de la publicité foncière, ce qui sécurise juridiquement les propriétaires et rend les actes opposables aux tiers.