L’entretien des parties communes est l’un des piliers d’une copropriété bien gérée : il contribue à la qualité de vie des résidents et à la valorisation de l’immeuble. À ce titre, il soulève souvent des questions pratiques. Qui en est responsable ? Qui choisit le prestataire ? Que doit-on nettoyer exactement ? Hellio fait le point sur le nettoyage en copropriété en 5 questions-réponses.
- L'entretien des parties communes est une obligation légale, qui incombe au syndic de la copropriété.
- Le nettoyage couvre l'ensemble des parties communes (halls, escaliers, ascenseurs, parkings, espaces verts) et concerne aussi la gestion des poubelles.
- Les copropriétaires choisissent leur prestataire de nettoyage en assemblée générale (AG) et disposent de recours concrets lorsqu’ils n’en sont pas satisfaits.
1-Qui est responsable de l’entretien d’une copropriété ?
Conformément à la loi du 10 juillet 1965 régissant le statut de la copropriété, l’entretien des parties communes est une obligation légale. C’est le syndicat de copropriété, représenté par le syndic, qui en est responsable.
« Le syndic est chargé […] d'administrer l'immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien et, en cas d'urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l'exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de celui-ci. »
Article 18 de la loi du 10 juillet 1965
À ce titre, le syndic intervient à plusieurs niveaux, puisqu’il doit :
- proposer des prestataires en assemblée générale ;
- organiser et planifier les interventions des agents de nettoyage ;
- superviser et contrôler la bonne exécution des prestations ;
- veiller au respect du règlement de la copropriété en matière de propreté ;
- rendre compte de sa gestion et des dépenses d’entretien aux copropriétaires.
De son côté, le conseil syndical, composé de copropriétaires élus, joue également un rôle clé : il fait le lien entre les résidents et le syndic, s’assure de la qualité du nettoyage au quotidien et peut alerter le syndic en cas de manquement.
Pour assurer une bonne gestion de l’immeuble, le syndic doit tenir le carnet d’entretien de la copropriété à jour. Ce document, qui centralise toutes les informations relatives à la maintenance et à l’entretien du bâtiment, est obligatoire.
2-Qui choisit l’entreprise de nettoyage et comment ?
En copropriété, le choix du prestataire de nettoyage implique plusieurs acteurs et se déroule en deux temps.
- La préparation par le syndic et le conseil syndical : le syndic sollicite plusieurs devis, les analyse et recueille l’avis du conseil syndical avant de soumettre sa recommandation en AG.
- La validation en assemblée générale : les copropriétaires votent pour le choix de l'entreprise et du budget associé à la majorité simple (dite majorité de l'article 24).
Cette décision intervient généralement lors du renouvellement du contrat en cours, en cas d'insatisfaction avec le prestataire actuel, ou dans le cadre d'une mise en concurrence.
| Situation | Contexte | Objectif pour la copropriété |
| Échéance du contrat | Fin de la période contractuelle | Renouveler ou changer de prestataire |
| Insatisfaction | Qualité du nettoyage insatisfaisante | Retrouver un niveau de service satisfaisant |
| Mise en concurrence | Seuil voté en AG ou tous les 3 ans | Obtenir le meilleur rapport qualité/prix |
3-Que doit-on nettoyer dans une copropriété ?
Le nettoyage de la copropriété concerne l’ensemble des parties communes de l’immeuble, qu’elles soient intérieures ou extérieures. Le contrat signé avec la société de nettoyage fixe précisément les zones à entretenir et la fréquence des interventions.
Les parties communes intérieures
Toutes les parties communes intérieures de l’immeuble doivent faire l’objet d’un nettoyage régulier, à savoir :
- le hall d'entrée et les couloirs ;
- les escaliers et les paliers ;
- les ascenseurs ;
- les locaux vélos et poussettes ;
- les caves et locaux techniques accessibles aux résidents.
L’entretien de ces espaces doit être fait régulièrement car il contribue grandement à la qualité de vie des occupants et à la bonne image de l’immeuble.
Les parkings, espaces annexes et extérieurs
Les espaces extérieurs et les abords de l'immeuble font également partie du périmètre d'entretien et ne doivent pas être négligés :
- le parking souterrain ou extérieur ;
- le local vélos ;
- les allées et les chemins piétons ;
- les espaces verts et les jardins communs ;
- les façades et les vitrages extérieurs.
Selon la configuration et la taille de la copropriété, l'entretien de ces espaces peut faire l'objet de prestations spécifiques, distinctes du nettoyage courant des autres parties de l’immeuble.
La gestion des poubelles
La gestion des poubelles est un élément clé de l’entretien de la copropriété. Elle comprend, entre autres, la sortie et la rentrée des différents conteneurs aux jours de collecte, ainsi que le nettoyage régulier du local poubelles (nettoyage du sol, des parois et des bacs).
4-Quel est le coût du nettoyage en copropriété ?
Selon le dernier baromètre Manda, l’entretien de l’immeuble représente environ 20 % des charges de copropriété, avec un coût moyen estimé à 480 € par an et par copropriétaire.
Il ne s’agit que d’une estimation moyenne car, en pratique, le prix du nettoyage en copropriété fluctue selon de nombreux facteurs, tels que :
- la taille de l’immeuble : une grande résidence avec plusieurs bâtiments nécessite davantage de temps et de personnel qu'un petit immeuble de quelques lots ;
- la fréquence des interventions : un passage quotidien est logiquement plus cher qu’un entretien hebdomadaire ;
- les prestations incluses dans le contrat : le nettoyage des vitres ou l’entretien des espaces extérieurs sont souvent facultatives ;
- la localisation géographique : les tarifs proposés en Île-de-France sont généralement plus élevés que dans les autres régions.
Au moment de comparer les offres, le syndic doit toujours s’assurer que les devis couvrent exactement les mêmes prestations.
5-Que faire si l’on n’est pas satisfait du prestataire de nettoyage ?
Si les prestations de la société de nettoyage ne sont pas à la hauteur des attentes des copropriétaires, ces derniers peuvent signaler les manquements au syndic. Concrètement, cela passe par l'envoi d'un courrier recommandé avec accusé de réception, appuyé par des photos documentant ces manquements.
Le syndic est ensuite tenu d’adresser une mise en demeure au prestataire. Si les négligences persistent malgré les relances, le conseil syndical peut inscrire la résiliation du contrat à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale.