Relevé général des dépenses en copropriété : à quoi sert-il et que doit-il contenir ?

Nassim Anquetil
Mis à jour le 19 août 2026
5 minutes

Chaque année, avant l'assemblée générale, les copropriétaires reçoivent un ensemble de documents comptables destinés à leur permettre de contrôler la gestion du syndic. Parmi eux figure souvent le relevé général des dépenses (RGD), un document consulté de près par les conseils syndicaux mais dont la portée reste mal comprise — y compris son absence de statut légal obligatoire. Définition, contenu, limites et bon usage : voici ce qu'il faut savoir pour l'exploiter correctement.

En résumé
  • Le relevé général des dépenses (RGD) liste, par catégorie de charges, l'ensemble des factures enregistrées en comptabilité sur l'exercice, qu'elles soient payées ou non.
  • Il n'est pas une annexe obligatoire : le décret comptable du 14 mars 2005 n'impose que cinq annexes pour l'approbation des comptes, et le RGD n'en fait pas partie. Il est toutefois très largement diffusé en pratique, souvent joint à la convocation d'AG.
  • Le RGD est en réalité un relevé des charges enregistrées, et non des dépenses réellement décaissées : une facture comptabilisée mais non payée y figure quand même. Il ne faut donc pas le confondre avec un état des paiements effectifs.
  • Il est particulièrement utile aux copropriétaires-bailleurs pour justifier la régularisation annuelle des charges locatives auprès de leurs locataires.
  • Le contrôle des comptes par le conseil syndical, qui s'appuie notamment sur ce document, est une obligation légale (loi du 10 juillet 1965, décret du 17 mars 1967), à réaliser avant l'AG.

Qu'est-ce que le relevé général des dépenses ?

Le relevé général des dépenses est un document comptable traditionnel de la copropriété, antérieur à la loi SRU, qui présente les dépenses classées par clé de répartition, c'est-à-dire par catégorie de charges (entretien, énergie, assurances, honoraires du syndic, etc). Le relevé général des dépenses est un document traditionnel en copropriété, bien antérieur à la loi SRU, et qui présente les dépenses par clé (par catégorie de charges). Il constitue en pratique le détail de la colonne « Réalisé » de l'annexe comptable 3 (comptes de charges par nature), de la même manière que le grand livre détaille l'annexe 2.

Il est généralement préparé par le syndic en collaboration avec le conseil syndical, puis présenté et validé lors de l'assemblée générale des copropriétaires. Le document donne un aperçu détaillé des dépenses courantes nécessaires au fonctionnement et à l'entretien de l'immeuble.

Un document « des charges » plus que « des dépenses »

Le nom du document prête à confusion. On pourrait croire qu'il liste les dépenses effectivement payées par le syndic pour le compte de la copropriété. Ce n'est pas le cas. Il s'agit en réalité des factures enregistrées en comptabilité, qu'elles aient été réglées ou non — on devrait donc plutôt parler de « relevé des charges » que de « relevé des dépenses ». Cette nuance est importante : un conseiller syndical qui verrait une facture apparaître sur le RGD ne doit pas en déduire qu'elle a été payée.

L’info Hellio

Le relevé général des dépenses n'apporte pas d'information fiable sur les impayés du syndicat ni sur le paiement effectif des fournisseurs. Pour ce suivi, il faut se référer au grand livre et aux relevés bancaires, qui font partie des pièces justificatives de la reddition des comptes.

Le relevé général des dépenses est-il une obligation légale ?

C'est un point de confusion fréquent chez les copropriétaires : le RGD, en tant que tel, n'est pas une annexe imposée par la réglementation comptable. L'article 11 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 énumère les documents à annexer à la convocation d'assemblée générale, et seules les cinq annexes prévues par le décret comptable du 14 mars 2005 sont exigées pour l'approbation des comptes du syndicat — le relevé général des dépenses n'en fait pas partie.

Dans les faits, ce document s'est toutefois imposé comme un standard de la profession. Les logiciels de gestion de copropriété le génèrent automatiquement, et de nombreux syndics le joignent systématiquement à la convocation d'AG, car il facilite la lecture des comptes par les copropriétaires non-initiés.

Ce qui, en revanche, est une obligation légale

Si le RGD lui-même n'est pas obligatoire, plusieurs éléments qui l'entourent le sont :

  • La reddition des comptes par le syndic est une obligation légale, prévue par l'article 18-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Elle doit être justifiée par les pièces comptables (factures, relevés bancaires, contrats).
  • Le contrôle des comptes par le conseil syndical, avant leur approbation en AG, découle de la loi du 10 juillet 1965 et du décret du 17 mars 1967. Ce contrôle doit être réalisé chaque année avant l'assemblée générale.
  • La transmission des documents comptables au conseil syndical (annexes, relevés de dépenses, grand livre) doit intervenir suffisamment en amont de l'AG pour permettre un examen sérieux et la formulation de questions au syndic.
Le chiffre Hellio : 30 jours

Le conseil syndical doit recevoir l'ensemble des pièces comptables — dont, le plus souvent, le relevé général des dépenses — au moins 30 jours avant l'assemblée générale afin de disposer du temps nécessaire pour analyser les comptes et interroger le syndic.

Gestionnaires, syndics, copropriétaires : Hellio vous aide à économiser votre énergie

À quoi sert concrètement le relevé général des dépenses ?

1. Contrôler la gestion du syndic

Le RGD permet aux copropriétaires et au conseil syndical de vérifier que les dépenses engagées correspondent aux décisions votées en AG, et d'identifier d'éventuelles dépenses inutiles, disproportionnées ou non justifiées. Il est utilisé lors du contrôle annuel des comptes, en amont de l'assemblée générale, et lors de la vérification des pièces effectuée au cabinet du syndic.

2. Justifier la régularisation des charges locatives

C'est l'un des usages les plus concrets du document, en particulier pour les copropriétaires-bailleurs. Lorsqu'un bailleur perçoit des provisions sur charges de son locataire (mensuelles ou trimestrielles), il doit procéder chaque année à une régularisation en comparant les provisions versées aux dépenses réelles du lot loué. Si les provisions sont supérieures aux dépenses réelles, le bailleur doit reverser le trop-perçu ; dans le cas inverse, le locataire doit verser un complément. Le montant des charges récupérées doit dans tous les cas être justifié — c'est précisément ce que permet le relevé général des dépenses.

3. Faciliter la lecture des comptes en assemblée générale

Les annexes comptables réglementaires (état financier, compte de gestion, état des travaux votés, etc.) restent parfois difficiles à interpréter pour un copropriétaire non-spécialiste. Le RGD, en détaillant les charges poste par poste, offre une vision plus lisible du budget réellement consommé sur l'exercice.

Les limites à connaître avant d'utiliser ce document

Le relevé général des dépenses présente une carence structurelle qu'il convient de garder à l'esprit : il ne recense que les dépenses passées en comptabilité au titre de l'exercice concerné, et non l'intégralité des engagements financiers de la copropriété sur la période. Une facture reçue tardivement, non encore enregistrée, ou rattachée à un exercice différent peut ainsi ne pas y figurer, alors même qu'elle correspond à une dépense réelle de l'immeuble.

Pour un contrôle rigoureux, il est donc recommandé de croiser le RGD avec le grand livre, les relevés bancaires du syndicat et les factures elles-mêmes, plutôt que de s'y fier comme unique source d'information.

L’astuce Hellio

En tant que membre du conseil syndical, demandez systématiquement au syndic la balance générale et le grand livre en complément du relevé général des dépenses. Ce croisement permet de repérer les écarts entre charges enregistrées et charges réellement payées, et d'anticiper les questions à poser en assemblée générale.

Qui prépare le relevé général des dépenses et quand le recevoir ?

Le document est établi par le syndic, généralement via son logiciel de gestion, en lien avec le conseil syndical. Il est le plus souvent :

  • joint à la convocation de l'assemblée générale appelée à statuer sur l'approbation des comptes ;
  • remis lors du contrôle annuel des comptes, réalisé par le conseil syndical ou un copropriétaire mandaté, dans les locaux du syndic ;
  • disponible sur l'extranet copropriété, lorsque le syndic en propose un, au même titre que les autres pièces comptables de l'exercice.
FAQ
  • Le relevé général des dépenses est-il obligatoire ? Non, il ne fait pas partie des cinq annexes comptables imposées par le décret du 14 mars 2005 pour l'approbation des comptes. Il est néanmoins très largement utilisé en pratique par les syndics et attendu par les conseils syndicaux.

  • Quelle est la différence entre le relevé général des dépenses et le relevé général des charges ? Dans l'usage courant, les deux termes désignent souvent le même document. Sur le fond, il s'agit techniquement d'un relevé des charges enregistrées en comptabilité, et non des dépenses effectivement décaissées, d'où l'ambiguïté fréquemment relevée par les professionnels du secteur.

  • Le relevé général des dépenses indique-t-il si les factures ont été payées ? Non. Il présente les factures enregistrées dans la comptabilité, qu'elles soient payées ou non. Pour connaître l'état réel des paiements, il faut consulter le grand livre et les relevés bancaires du syndicat.

  • Qui peut demander le relevé général des dépenses ? Tout copropriétaire peut, dans le cadre du droit d'information et de communication des documents relatifs à la gestion de la copropriété, en demander la consultation au syndic. Le conseil syndical y a un accès direct dans le cadre de sa mission de contrôle des comptes.

  • En quoi ce document est-il utile à un copropriétaire-bailleur ? Il permet de justifier auprès du locataire le montant des charges récupérables lors de la régularisation annuelle, en détaillant les postes de dépenses réellement engagés sur l'exercice pour le lot concerné.

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas les conseils d'un syndic professionnel ou d'un juriste spécialisé en droit de la copropriété. Les textes réglementaires évoluant régulièrement, il est recommandé de vérifier les dispositions en vigueur auprès du syndic ou sur Légifrance.

Un projet de rénovation de votre copropriété ?

Vous pourrez aimer lire aussi :

Dégâts des eaux en copropriété : étapes d’indemnisation, ...
Vivre en copropriété
6 minutes
Dégâts des eaux en copropriété : étapes d’indemnisation, assurances…
Un dégât des eaux en copropriété est toujours une épreuve stressante, en raison des procédures souvent longues, des dégradations...
Marine Demay
12 août 2026
Replay webinaire : réussir vos projets de bornes de ...
Actualités
10 minutes
Replay webinaire : réussir vos projets de bornes de recharge partagées en copropriété
Avec l'essor des véhicules électriques, les copropriétés doivent anticiper les nouveaux besoins en recharge. Pour réussir un projet de...
Basma B
06 août 2026
Comment renforcer la sécurité d’un immeuble en copropriété ...
Vivre en copropriété
6 minutes
Comment renforcer la sécurité d’un immeuble en copropriété ? Obligations, équipements et travaux
Assurer la sécurité d’un immeuble en copropriété est indispensable pour protéger les occupants, préserver le bâtiment et respecter les...
Lorraine Veron
05 août 2026