Sécuriser l'accès à son immeuble est une préoccupation partagée par l'ensemble des résidents. L'interphone en copropriété constitue aujourd'hui l'un des dispositifs les plus répandus pour contrôler les entrées, filtrer les visiteurs et prévenir les intrusions. Mais son installation ne s'improvise pas : elle obéit à un cadre réglementaire précis, implique une procédure de vote en assemblée générale et requiert le respect de normes techniques spécifiques.
- L'interphone est une partie commune de la copropriété ; son installation, son remplacement avec amélioration (visiophone, contrôle d'accès) ou sa modernisation doivent être votés en assemblée générale à la majorité absolue de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965.
- Si la majorité absolue n'est pas atteinte mais qu'au moins un tiers des voix de la copropriété est obtenu, un second vote à la majorité simple (article 24) peut être organisé dans la foulée.
- Le remplacement à l'identique d'un interphone en panne relève de l'entretien courant et peut être engagé par le syndic sans vote préalable, dans la limite du budget prévisionnel.
- L'installation doit respecter les normes d'accessibilité PMR (hauteur entre 0,90 m et 1,30 m, dégagement de 0,40 m), fixées par l'arrêté du 24 décembre 2015.
- Le coût, financé par l'ensemble des copropriétaires selon leurs tantièmes, varie généralement entre 1 500 € et 6 000 € selon le système choisi (filaire, sans fil, visiophone, connecté).
L'interphone en copropriété : un équipement collectif encadré par la loi
L'interphone fait partie des parties communes de la copropriété. Cela signifie que la platine de rue, le câblage, l'alimentation électrique et le boîtier extérieur appartiennent au syndicat des copropriétaires. En revanche, le combiné intérieur installé dans chaque appartement constitue une partie privative, dont l'entretien incombe à l'occupant du logement, ou au propriétaire selon les termes du bail.
Cette distinction a une conséquence directe : toute décision d'installer, de remplacer ou de moderniser un interphone doit impérativement passer par un vote en assemblée générale de copropriété. Ni le syndic, ni un copropriétaire agissant seul ne peut prendre cette décision unilatéralement.
L'interphone est considéré comme un équipement des parties communes au même titre que l'ascenseur ou l'éclairage des parties communes. Son financement est donc réparti entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes, y compris ceux qui estiment ne pas en avoir besoin.
Quelle réglementation s'applique ?
L'installation d'un interphone est encadrée principalement par la loi du 10 juillet 1965 régissant le statut de la copropriété. Elle est considérée comme un travail d'amélioration ou de sécurisation de l'immeuble, ce qui la soumet à des règles de vote spécifiques.
Par ailleurs, les copropriétés sont soumises aux exigences de l'arrêté du 24 décembre 2015 en matière d'accessibilité. Depuis lors, la quasi-totalité des immeubles collectifs doit garantir l'accès aux personnes à mobilité réduite (PMR), ce qui impose des contraintes précises sur l'emplacement et les caractéristiques de l'interphone.
Enfin, si le visiophone choisi filme une portion de voie publique, une déclaration préalable en mairie peut être requise au titre de la vidéoprotection.
La procédure de vote en assemblée générale
Quelle majorité est requise ?
L'installation d'un interphone relève de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965, qui impose la majorité absolue : il faut obtenir la majorité des voix de l'ensemble des copropriétaires, qu'ils soient présents, représentés ou absents le jour de l'assemblée.
💡 Pour pallier les problèmes d'absentéisme fréquents lors des AG, la loi a prévu un mécanisme assoupli : si le projet ne recueille pas la majorité absolue mais obtient au moins un tiers des voix de l'ensemble des copropriétaires, un second vote à la majorité simple (article 24) peut être organisé immédiatement au cours de la même séance.
Le simple remplacement d'un interphone en panne à l'identique relève de l'entretien courant. Le syndic peut l'engager sans vote préalable si la dépense reste dans l'enveloppe du budget prévisionnel voté. En revanche, si le remplacement s'accompagne d'une mise à niveau — passage à un visiophone, ajout d'un contrôle d'accès par badge — il s'agit alors d'une amélioration et un vote à l'article 25 s'impose.
Comment inscrire le projet à l'ordre du jour ?
Le syndic peut inscrire la question à l'ordre du jour de la prochaine assemblée générale ordinaire, ou convoquer une assemblée générale extraordinaire à la demande d'un ou plusieurs copropriétaires. La convocation doit être envoyée à l'ensemble des copropriétaires au moins 21 jours avant la date de la réunion.
Pour préparer le vote dans les meilleures conditions, il est conseillé de joindre à la convocation plusieurs devis comparatifs d'installateurs professionnels, une description du type de système envisagé et une estimation de la répartition du coût entre copropriétaires selon leurs tantièmes.
Profitez de la mise à l'ordre du jour de l'interphone pour regrouper d'autres décisions relatives à la sécurité et au confort des parties communes : remplacement de l'éclairage par des LED, installation de bornes de recharge pour véhicules électriques... Cela évite de multiplier les assemblées générales exceptionnelles et peut faciliter l'atteinte des quorums.
Qui finance l'installation ?
Les frais d'installation sont répartis entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes, au titre des charges générales. Le coût total d'un système varie généralement entre 1 500 € et 6 000 € selon le type choisi et la taille de la copropriété.
L'installation de l'interphone : normes et bonnes pratiques
Les normes d'accessibilité PMR
L'arrêté du 24 décembre 2015 impose des règles strictes concernant l'emplacement et les caractéristiques de la platine de rue :
- Hauteur d'installation : entre 0,90 m et 1,30 m du sol ;
- Distance d'un angle rentrant : au moins 0,40 m de tout obstacle à l'approche d'un fauteuil roulant ;
- Signaux adaptés : présence de signaux sonores et visuels pour les personnes malentendantes ou sourdes ;
- Pour les immeubles accessibles, la platine peut être complétée par une signalétique en braille ou une boucle magnétique.
C'est la plage de hauteur réglementaire imposée par l'arrêté du 24 décembre 2015 pour l'installation de la platine d'interphone. Une norme qui s'applique à la quasi-totalité des copropriétés françaises depuis 2015.
Quel type d'interphone choisir ?
Le marché propose plusieurs solutions adaptables à chaque copropriété :
- Interphone audio filaire : solution classique, robuste et durable, bien adaptée aux petites copropriétés avec un budget limité ;
- Interphone sans fil : plus facile à installer, mais davantage sujet aux interférences ;
- Visiophone : ajoute une caméra pour identifier visuellement les visiteurs. Recommandé dans les bâtiments neufs ou rénovés depuis la norme NF C 15-100 ;
- Interphone connecté (IP/GSM) : permet de répondre via smartphone ou tablette, même en dehors du domicile. Une tendance en plein essor, avec des systèmes hybrides associant visiophonie et contrôle d'accès intelligent.
Dans les immeubles collectifs où la boîte aux lettres se situe à l'intérieur du hall d'entrée, le système Vigik reste obligatoire pour garantir l'accès aux agents de La Poste et de certains services. Vérifiez la compatibilité du système choisi avec ce protocole avant le vote en AG.
Faire appel à un professionnel qualifié pour l'installation
L'installation doit être confiée à un électricien ou installateur certifié, qui fournira un devis détaillé, assurera la conformité aux normes en vigueur et garantira le matériel et la main-d'œuvre. Il est également recommandé de souscrire un contrat d'entretien pour assurer la pérennité du système;